J’ai embrassé l’océan !

De tout temps et en tous lieux l’être humain a eu besoin de croire en quelque chose. C’est phylogénétique, tout le monde possède ses croyances intimes. Même le choix de ne croire « en rien » est une forme de croyance.

Cependant, la foi semble bien fragile, limitée et limitante quand elle est adossée à un corpus dogmatique particulier.

La foi, n’est-elle pas d’abord une affaire de cœur ?

D’où cette question que j’explore plus avant à travers mon propre témoignage personnel : « Faudrait-il délier la foi du dogme ? »

D’un dogme hérité à une spiritualité méritée

Né de parents musulmans dans un pays à majorité musulmane, d’obédience sunnite, de rite malékite, teinté de soufisme populaire. J’ai baigné durant ma prime jeunesse dans une culture islamique familiale normale. Je souscrivais au dogme, sans trop vraiment me poser de questions. Ensuite, en prenant de l’âge, j’ai commencé à le remettre en cause et j’ai vécu durant quelques années une espèce d’agnosticisme rationaliste…

Puis un beau jour, j’ai expérimenté une série d’événements percutants et hors du commun… Peu importe lesquels, je vous épargne les détails car ce n’est pas l’objet de ce post. Toujours est-il que ces diverses expériences m’ont amené à me mettre en cheminement (presque malgré-moi) … Et, in fine, à me réaligner sur la foi de mes ancêtres ! Musulman, je le devenais par mérite personnel éclairé et non plus seulement par le hasard de ma naissance. Aujourd’hui, je ne me considère plus comme sunnite, ni malékite, ni ash3arite. J’ai choisi de délier la foi du dogme et d’être musulman, tout simplement…

Embrasser l’océan plutôt qu’un dogme

J’ai choisi d’embrasser à bras ouverts l’islam spirituel dans toute sa splendeur. C’est mon héritage, ma racine, ma fierté… J’assume pleinement mon appartenance à cet immense océan que j’aime. Bien que mon identité demeure, elle, riche de multiples appartenances qui ne se cantonnent évidemment pas au domaine religieux… Fallait-le souligner ?

Donc, ma foi est devenue pour moi une réalité quotidienne, vivifiante et renouvelée. Une expérience à vivre dans la fluidité de l’être… Plutôt qu’une croyance dogmatique figée à entretenir… Bref, tout ça pour dire qu’à mon sens, renforcer sa foi ce n’est pas consommer du « prêt-à-croire » sans une réelle remise en question introspective ou expérimentation personnelle directe.

La foi qui n’agit point, est-ce une foi sincère ?

Suivant une tradition bien connue dans le soufisme, cœur expérientiel de la religion islamique, al-islam (soumission à la loi divine) est la première étape du cheminant sur la voie de Dieu. Le stade de « la foi » (al-Imane, le goût de la vision divine par le cœur) est l’étape suivante dans la voie. Le stade ultime est celui de « al-ihsan » (l’excellence dans les actions). À ce dernier stade, on n’est plus ceci ou cela. Notre vision devient informée et informante par le cœur, unifiée et unifiante par l’esprit. Nous ne sommes alors plus que joie et amour !

Je disais plus haut que croire en « quelque chose » était un besoin humain fondamental. Cependant, il existe des croyances « expansives », celles qui nous font du bien et nous aident à évoluer. Puis, il y a des croyances « toxiques » ou « régressives » qui nous font du tort. Quitte à croire en quelque chose, alors autant bien choisir ses croyances !

Dès lors, faudrait-il délier le couple dogme/foi ?

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