Comment méditer, vivre et mourir

«Vous savez, la méditation est une partie essentielle de la dimension mystique de toute religion. Autrefois, amener un peu plus de conscience dans le cœur des prisonniers, était un rôle dévolu aux aumôneries. De nos jours, c’est la méditation de pleine conscience qui prend le relais, assura Monsieur Kuzko » (Extrait de Schizophrénie quantique)

Penseur et philosophe indien inclassable, Jiddhu Krishnamurti a prôné l’unité, enseigné la sagesse et lutté contre les divisions durant toute sa vie.

K., comme il préférait se nommer lui-même, mettait en garde contre l’emprise des gourous et des idéologues. Lui-même clamait haut et fort sa non-appartenance à une quelconque secte ou religion. Cependant, en filigranes, l’influence de l’advaita vedanta transpire subtilement dans ses discours. Son principal message était que nous devions apprendre à dépasser nos égos et les conditionnements culturels qui nous divisent. Il considérait qu’en chacun de nous résidait l’humanité toute entière.

Les écrits relatant les causeries de K. sont simples, percutants et empreints d’une profonde spiritualité. Ils avaient fortement attiré l’attention du physicien américain David Bohm qui était allé jusqu’à conduire des entretiens filmés avec le philosophe indien.

La connaissance de soi, l’acceptation et la méditation pour combattre la peur

« La peur est une souffrance. La peur est la non-acceptation de ce qui « est ». La peur n’existe que par rapport à quelque chose. C’est l’esprit qui crée la peur. Seule la connaissance de soi peut vous affranchir de la peur. La connaissance de soi est le commencement de la sagesse et la fin de la peur. » (La première et la dernière liberté)

En d’autres termes, pour ne plus avoir peur, il « suffit » de s’atteler à se connaître soi-même et d’apprendre à accepter les choses telles qu’elles sont.

« Si nous voulons changer les conditions existantes, nous devons d’abord nous transformer nous-mêmes, c’est-à-dire devenir conscients de nos actions, de nos pensées, de nos sentiments dans notre vie quotidienne. » (De l’Education)

Cette idée rejoint la célèbre citation de Ghandi « Sois le changement que tu voudrais voir dans le monde »

« La méditation consiste à être conscient de chaque pensée, de chaque sentiment; à ne jamais les juger en bien ou en mal, mais à les observer et à se mouvoir avec eux. En cet état d’observation, on commence à comprendre tout le mouvement du penser et du sentir. De cette lucidité naît le silence. » (Se libérer du connu)

Durant la méditation, il y a lieu de « se mettre au dessus de soi » et d’être un observateur neutre de ses propres pensées.

La mort : une extraordinaire immensité

« Vivre et mourir ne font qu’un, ne sont qu’un seul mouvement qui ne commence pas à la fin de la vie après cinquante, soixante ou quatre-vingt-dix ans, mais la mort est comme cette feuille. Voyez les hommes et les femmes âgés, comme ils sont décrépits, perdus, malheureux, comme ils sont laids. Serait-ce qu’ils n’ont pas compris ce que signifie vivre ou mourir ? Ils ont utilisé la vie, s’en sont servis, l’ont gaspillée dans le conflit sans fin qui ne fait qu’exercer et fortifier la personne, le moi, l’ego. Nous passons nos jours en conflits et malheurs de toutes sortes, parsemés d’un peu de joie et de plaisir, mangeant, buvant, fumant, dans les veilles et le travail incessant. Et, à la fin de notre vie, nous nous trouvons face à cette chose qu’on appelle la mort et dont on a peur. »

« L’enfant, avec sa curiosité, peut être amené à comprendre que la mort n’est pas seulement l’usure du corps par l’âge, la maladie, ou quelque accident inattendu, mais que la fin de chaque journée est aussi la fin de soi-même. »

« Tout ce qui existe sur terre, sur cette merveilleuse terre, vit, meurt, prend forme, puis se fane et disparaît. Il faut de l’intelligence pour saisir tout ce mouvement de la vie, et ce n’est pas l’intelligence de la pensée, des livres ou du savoir, mais l’intelligence de l’amour, de la compassion avec sa sensibilité (…) Si tous les humains qui nous ont précédés, de génération en génération, vivaient encore sur cette terre, ce serait terrible. »

« Nous tuons si facilement, non seulement les animaux destinés à notre alimentation, mais encore ceux que nous massacrons inutilement, par divertissement – on appelle cela un sport. Tuer un cerf, parce que c’est la saison, équivaut à tuer son voisin. On tue les animaux parce que l’on a perdu contact avec la nature, avec les créatures qui vivent sur cette terre. On tue à la guerre au nom de tant d’idéologies romantiques, nationalistes ou politiques. Nous avons tué des hommes au nom de Dieu. La violence et la tuerie vont de pair. Et devant cette feuille morte dans toute sa beauté, sa couleur, peut-être pourrions-nous être conscients au plus profond de nous-mêmes, saisir ce que doit être notre propre mort, non pas à la fin ultime, mais au tout début de notre vie. »

« La mort n’est pas une chose horrible, une chose à éviter, à différer, mais plutôt une compagne de chaque jour. De cette perception naît alors un sens extraordinaire de l’immensité. » (Dernier journal)
Jiddhu Krishnamurti préconisait d’enseigner très tôt aux enfants ce qu’est la mort. Il s’agit de les préparer afin qu’adultes ils soient familiarisés avec la mort et n’aient pas d’angoisses à ce sujet.

La vérité : un pays sans chemin

« La croyance n’est qu’un mot, une pensée, c’est une chose absolument destructrice. Celle-ci divise les gens, les endurcit, les pousse à se haïr réciproquement, à cultiver la guerre d’une façon détournée. »

La croyance ne doit d’ailleurs pas être confondue avec la foi. On peut sentir la foi dans son cœur sans pour autant nourrir des certitudes aveugles au sujet de l’une ou l’autre croyance.

« Ne laissez pas les mots penser à votre place. Ayez une parole habitée. »

« La Vérité est un pays sans chemins, que l’on ne peut atteindre par aucune route, quelle qu’elle soit: aucune religion, aucune secte  » (discours de J.K en 1929 lors du discours où il annonça la dissolution de « l’ordre de l’étoile » qu’il a présidé à l’âge de 16 ans. Lire sa biographie ici)

Un sage disait aussi qu’un homme pouvait atteindre Dieu (la Vérité) par le biais de n’importe quelle religion à condition que son intention soit pure et qu’il soit suffisamment engagé dans sa dévotion.

« La vérité naît lorsqu’il y a cessation complète de la pensée; et la pensée ne disparaît que lorsque le moi est absent. » (De l’Education)

Un sage soufi disait à peu près la même chose « retire l’égo qui est en toi et il ne restera plus que Dieu. »

 » La religion, ce n’est pas la croyance, le dogme, les rituels ou même les prières ou obéir aveuglément à un principe, un concept, un symbole ou bien sûr à un autre être humain. » (Bulletin du Krishnamurti Foundation Trust, 1981)

La mot religion provient du latin religare qui signifie littéralement relier. Être religieux c’est donc tisser des liens. « Vous divisez la vie en ce qui est sacré et ce qui ne l’est pas, en ce qui est immoral et ce qui est moral. Cette division engendre des malheurs et de la violence. Tout est sacré ou rien n’est sacré. » (La Révolution du silence)

2 commentaires

  1. Bonjour, je découvre ton blog par cet article qui m’interpelle grandement. Je n’ai malheureusement pas le temps de lire en profondeur mais je repasserais par ici bien rapidement,
    Au plaisir de te lire

    J'aime

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